La prudence au volant ne connaît pas l'âge. C'est le principal enseignement des données de la néo-assurance Leocare, qui a analysé les comportements de ses assurés. Dans un paysage souvent caricaturé, les chiffres révèlent une homogénéité surprenante : près de 85 % des contrats n'ont donné lieu à aucun sinistre. Une tendance qui traverse les générations, malgré quelques écarts tarifaires encore bien ancrés.
Les jeunes conducteurs ont une conduite prudente
Contrairement aux idées reçues, les conducteurs de moins de 30 ans ne forment pas une catégorie à risque. Leur profil statistique révèle au contraire une maturité notable : sept ans d'ancienneté de permis en moyenne, plus de cinq ans avec le même véhicule, un usage quotidien varié (études, travail) et une sinistralité de 8,36 %, à peine supérieure aux 30–45 ans (7,81 %) ou aux plus de 60 ans (7,26 %).
Le paradoxe réside ailleurs : leur prime d'assurance reste la plus élevée, à 922,89 euros par an en moyenne, soit près de 200 euros de plus que celle des seniors. Cette différence s'explique par un bonus-malus encore jeune, combiné à des grilles tarifaires peu adaptées à la réalité de leur comportement. Résultat, près d'un jeune conducteur sur deux opte pour une formule au tiers (48 %), souvent par nécessité économique.
"Pas de permis fraîchement tamponné, pas de contrats zappés tous les six mois", note Leocare. Les jeunes assurés rompent avec les stéréotypes : leur fidélité est solide, leur usage raisonné, leur exposition au risque comparable à celle de leurs aînés.
Trentenaires et quadragénaires, cœur de l'assurance auto
La tranche des 30–45 ans concentre mécaniquement plus de la moitié des sinistres déclarés (52 %), non pas par imprudence, mais parce qu'elle constitue le cœur du parc automobile. Ces conducteurs roulent beaucoup, surtout pour le travail, et forment le groupe statistique de référence : quinze ans de permis en moyenne, six ans de fidélité à leur véhicule, une prime de 809,72 euros par an.
Leurs sinistres sont dans la moyenne : 45 % impliquent un tiers, 38 % relèvent du bris de glace. Leur comportement est stable, leurs arbitrages équilibrés entre formules tous risques (35 %), tiers et formules intermédiaires. Le taux de sinistralité, à 7,81 %, illustre cette position médiane : ni particulièrement risquée, ni exceptionnellement avantageuse.
Ils incarnent la norme assurantielle, avec une gestion pragmatique de leur couverture, adaptée à leur usage intensif et quotidien du véhicule. Une génération pivot, tant dans la répartition des sinistres que dans l'équilibre économique des assureurs.
Seniors : bonus maximal et stabilité assurée
Les assurés de 60 ans et plus cumulent tous les leviers favorables : près de 40 ans de permis, plus de 7 ans avec le même véhicule, un usage raisonné du quotidien. Leur taux de sinistralité (7,26 %) reste en ligne avec la moyenne nationale, et la nature des incidents reste stable : 46 % avec un tiers, 36 % un bris de glace.
Ce qui distingue les seniors, c'est leur longévité assurantielle. Ils changent peu de contrat, restent fidèles à leur véhicule, privilégient des formules équilibrées (tiers, tiers+, tous risques à parts égales). Leur prime annuelle, à 710,19 euros, est la plus basse du portefeuille, non pas parce qu'ils prennent moins de risques, mais parce que le système les récompense mécaniquement.
"Leur fidélité est remarquable, presque sans équivalent", souligne Leocare. Ces profils rassurants constituent un socle de rentabilité solide pour les assureurs, à l'inverse des jeunes, qui paient davantage sans générer plus de sinistres.
La rédaction d'Assurland