L'année 2025 restera comme l'une des plus difficiles pour le marché automobile français. Les ventes de voitures neuves ont reculé de 5 %, à 1,63 million d'unités, confirmant une crise durable des volumes. Malgré la progression de l'électrique et des hybrides, l'attentisme des ménages, des prix toujours élevés et l'incertitude réglementaire continuent de peser lourdement sur le secteur.
Un marché durablement affaibli, loin des niveaux d'avant-Covid
Avec 1 632 154 immatriculations en 2025, le marché français retombe à des niveaux proches de ceux observés pendant la pandémie. Par rapport à 2019, ce sont près de 580 000 véhicules qui manquent à l'appel. Une érosion de plus d'un quart des volumes en six ans, qualifiée de "vraie crise de volume qui pèse sur l'industrie française et européenne" par un porte-parole de la Plateforme automobile.
Le mois de décembre n'a pas inversé la tendance. Malgré un jour ouvré supplémentaire, les immatriculations ont reculé de près de 6 %, illustrant un climat d'attentisme persistant. "Décembre a été dans la continuité de 2025, année marquée par l'attentisme des consommateurs", a résumé la PFA, évoquant des incertitudes politiques et économiques qui freinent les décisions d'achat.
La hausse continue des prix ces dernières années a profondément modifié les comportements. "Il faut noter que les prix ont beaucoup augmenté ces dernières années, et la décision d'achat est devenue beaucoup moins naturelle. Ce n'est plus conjoncturel, cela fait cinq ans que ça dure", analyse Eric Champarnaud, directeur général de C-Ways. Même si les tarifs moyens reculent légèrement en 2025 (-1,4 %), ils restent élevés : 25 657 euros pour un modèle essence et près de 43 000 euros pour un véhicule électrique.
Renault amortit le choc, Stellantis et Tesla sous pression
Dans ce contexte dégradé, les performances des constructeurs divergent fortement. Le groupe Renault parvient à tirer son épingle du jeu avec une progression de 1,2 % de ses ventes, portée par la marque Renault et par de bons résultats sur les modèles phares. Le constructeur au losange reprend même la première place du marché français.
À l'inverse, Stellantis subit une nouvelle année difficile. Les ventes du groupe reculent de plus de 7 %, avec des chutes marquées pour Fiat, DS ou Jeep, malgré de meilleures performances chez Citroën et Alfa Romeo. Le groupe Volkswagen limite la casse (-2,1 %), tandis que Toyota enregistre un net recul après plusieurs années de forte croissance.
La situation est encore plus brutale pour Tesla. Les immatriculations du constructeur américain chutent de 37,5 % en 2025, pénalisées par une gamme vieillissante et un contexte de marché moins favorable. Les ventes passent d'un peu plus de 40 000 unités en 2024 à environ 25 400 en 2025.
Côté modèles, la domination des marques françaises reste nette. La Renault Clio conserve sa place de voiture la plus vendue, devant la Peugeot 208 et la Dacia Sandero. La Renault 5 s'impose comme le modèle 100 % électrique le plus vendu, confirmant l'ancrage de Renault sur les segments thermique et électrique.
L'électrique progresse, mais sans véritable dynamique de marché
En 2025, les véhicules électriques gagnent du terrain et atteignent 20 % des ventes de voitures neuves, avec plus de 300 000 unités écoulées, selon AAA Data. Si l'on ajoute les hybrides rechargeables, plus d'un quart des immatriculations sont désormais électrifiées. Un véhicule sur deux vendu en France est désormais hybride, tandis que le diesel tombe à moins de 5 % de parts de marché.
Cette progression reste toutefois largement artificielle. "La progression de la part de marché de l'électrique traduit non pas une dynamique de marché mais plutôt un effet mécanique" lié aux aides publiques et aux obligations imposées aux flottes d'entreprise, souligne la PFA. Les ménages, eux, restent prudents face au prix élevé des véhicules électriques et à l'incertitude sur les bonus à l'achat.
Résultat : de plus en plus de particuliers se tournent vers la location longue durée, un mode de financement en forte progression, notamment sous l'effet du leasing social. Les SUV, après des années de hausse continue, semblent se stabiliser à un niveau élevé, représentant toujours plus de la moitié du marché.
Pour 2026, les perspectives restent floues. Les projections tablent sur un marché compris entre 1,6 et 1,7 million de véhicules, sans véritable rebond à court terme. Une situation qui alimente les craintes de surcapacités industrielles et de fermetures d'usines, dans un secteur automobile européen plus fragilisé que jamais.
La rédaction d'Assurland