La détente progressive des taux de crédit immobilier redonne de l'oxygène aux candidats à l'achat. En 2025, les ménages mobilisent moins d'épargne pour convaincre les banques. L'apport personnel moyen exigé recule nettement, porté par un regain de concurrence entre établissements et par la reprise du marché du crédit. Cette amélioration bénéficie en priorité aux primo-accédants, même si les écarts territoriaux restent très marqués et que les perspectives de taux à moyen terme appellent à la prudence.
L'apport personnel moyen en net recul avec la détente des taux
La baisse des taux agit mécaniquement sur l'effort d'épargne demandé aux emprunteurs. En 2025, l'apport personnel moyen s'établit autour de 52 000 euros, contre 59 000 euros en 2024. Tous profils confondus, il recule nettement par rapport à 2023, où il dépassait 63 000 euros. La part de l'apport dans le budget global diminue également, passant de près de 38 % à environ 28 % en deux ans.
"Quand les taux baissent, on a moins besoin d'apport. Quand les taux montent, parce que les revenus ne sont pas élastiques, l'apport sert de matelas de compensation", rappelle le directeur éditorial d'un courtier en crédit immobilier.
Cette détente s'explique aussi par le retour de la concurrence entre banques, après une période de fort ralentissement du marché. "La concurrence entre les banques s'est intensifiée, chaque établissement cherchant à reconquérir des parts de marché après une période de vaches maigres", analyse un observateur du secteur. L'Observatoire Crédit Logement/CSA confirme la tendance, avec un recul du taux d'apport aussi bien dans le neuf que dans l'ancien.
Dans le même temps, la production de crédits repart nettement à la hausse. Le volume de nouveaux prêts à l'habitat a presque doublé en un an, traduisant le retour progressif des acquéreurs sur le marché. En moyenne, les prêts accordés atteignent 246 000 euros sur un peu plus de 22 ans, pour des ménages disposant d'environ 5 276 euros de revenus mensuels.
Les primo-accédants en première ligne, des écarts régionaux persistants
Les primo-accédants figurent parmi les principaux bénéficiaires de cette détente. Ils représentent près de 70 % des profils financés, dont une large majorité de moins de 40 ans. Leur apport moyen recule fortement en deux ans, repassant sous la barre des 20 % du coût du projet.
Les disparités territoriales restent toutefois très marquées :
- Hauts-de-France : environ 13 900 euros d'apport moyen pour un primo-accédant ;
- Nouvelle-Aquitaine nord : autour de 14 300 euros ;
- Occitanie : près de 23 800 euros.
À l'inverse, l'Île-de-France demeure l'une des régions les plus exigeantes, avec un apport moyen proche de 67 000 euros pour un primo-accédant. Dans les grandes métropoles, l'effort reste particulièrement élevé. À Paris, l'apport moyen dépasse 130 000 euros, devant Lyon et Nice. Même en baisse, ces montants représentent souvent plus d'un an de revenus moyens. Pour un célibataire, l'apport exigé peut atteindre l'équivalent de 15 mois de salaire, et dépasser deux ans de revenus dans plusieurs grandes villes.
Des perspectives de taux plus stables, mais un accès toujours contraint
Malgré l'amélioration observée en 2025, l'accès à la propriété reste contraint par des prix immobiliers élevés et des conditions d'octroi toujours sélectives. Les banques maintiennent un taux d'endettement maximal de 35 %, assurance comprise. Les dossiers sans apport refont timidement surface, mais restent réservés aux profils les plus solides.
À court terme, les taux devraient se stabiliser autour de leurs niveaux actuels, avec un risque de légère remontée en 2026. "Face à des prix de l'immobilier élevés et qui n'ont pas foncièrement baissé, et aux taux actuels, devenir propriétaire engendre des mensualités hors de portée pour un grand nombre de ménages. Les seuls leviers restent l'allongement de la durée du prêt, réservé aux profils les plus jeunes ; la diminution des surfaces visées ; ou l'augmentation de l'apport", explique le directeur éditorial d'un courtier.
Selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA, le taux moyen pourrait atteindre 3,55 % fin 2026, puis s'approcher de 4 % fin 2027 dans un scénario de forte instabilité économique et budgétaire. "Cette hypothèse de taux à 4% peut exister dans des conditions exceptionnelles d'instabilité politique et budgétaire qui se dégraderaient comme une dissolution par exemple", tempère le directeur éditorial d'un courtier en crédit immobilier.
La rédaction d'Assurland